Just few precisions to this very scrupulous & conscientious article:
— my family & I moved to Cluses in August 2000, and before we lived 1 year in Ambilly (bordering Geneva (Switzerland), also part of Haute-Savoie)
— my family & I moved to Cluses in August 2000, and before we lived 1 year in Ambilly (bordering Geneva (Switzerland), also part of Haute-Savoie)
— I was providing Scaramella with oral and e-mail reports, and was never eager to sign any of them – in spite of his constant pressure. It was for long obvious that he was searching possibilities to publicly scandalise (KGB related) cases I checked for him
— the most symbolic and threatening is the fact that this presumable poisoning happened precisely in a year after Yuri Schekochikhin (Russian parliamentarian, famous journalist, deputy chief editor of Novaya Gazeta for which also worked murdered Anna Politkovskaya) died in Russia (July 03, 2003) after poisoning (hypothetically of radioactive thallium). Yuri visited me in Cluses in 2002, I’ve closely collaborated with him till his painful death, provided him with a lot of explosive materials which he used in series of his much-talked-of publications in April — May 2002 and posterior revelatory investigations. Several symptoms of intensive illness I’ve suffered through during several weeks were very similar to those of Schekochikhin…
— the most symbolic and threatening is the fact that this presumable poisoning happened precisely in a year after Yuri Schekochikhin (Russian parliamentarian, famous journalist, deputy chief editor of Novaya Gazeta for which also worked murdered Anna Politkovskaya) died in Russia (July 03, 2003) after poisoning (hypothetically of radioactive thallium). Yuri visited me in Cluses in 2002, I’ve closely collaborated with him till his painful death, provided him with a lot of explosive materials which he used in series of his much-talked-of publications in April — May 2002 and posterior revelatory investigations. Several symptoms of intensive illness I’ve suffered through during several weeks were very similar to those of Schekochikhin…
TEMPS FORT
Affaire de l’empoisonnement au Polonium 210 : entretien exclusif
La vérité d’Evgueni Limarev
L’ancien interprète du KGB habite à Cluses depuis quelques années et joue les consultants sur les questions de sécurité russe. Au mois de décembre, il s’est retrouvé mêlé à cette affaire étonnante qui passe aussi par les plus hautes sphères du pouvoir italien.
Un hôtel passe-partout de Cluses. Evgueni Limarev a l’air détendu. La traque de décembre s’est relâchée, le cirque médiatique est allé planter son chapiteau ailleurs. Des télés ont planqué devant sa maison, frappé à la porte en pleine nuit. Presque pire que les services secrets ! « Je n’ai jamais cherché de notoriété. J’ai été plongé dans cette affaire. Aujourd’hui, je veux dire la vérité aux gens qui ont pu être étonnés et les rassurer ». Et sa vérité sur l’affaire Litvinenko est passionnante.
Evgueni Limarev est avant tout un observateur du pouvoir russe et de ses hommes de l’ombre. « De 1988 à 1991, j’ai été interprète et professeur de langues dans l’un des instituts les plus secrets du KGB. De 91 jusqu’en 99, j’ai été homme d’affaires international. Et comme tous les businessmen en Russie, j’ai appartenu à un "siloviki", l’un des ces groupes informels liés aux services secrets, pour avoir une protection. Le mien est arrivé au pouvoir avec Poutine ».
Tentative de compromission de Romano Prodi
En 1993, Evgueni Limarev s’exile à Genève. Rien d’anormal. Juste des entreprises d’import-export, de l’aide a des compatriotes russes pour des placements financiers. Fin 99, il arrête ses affaires, s’installe à Cluses comme "consultant international". En janvier 2004, Alexandre Litvinenko, le présente à un certain Mario Scaramella. L’homme se dit juge à la retraite et surtout mandaté par Paolo Guzzanti, de " Forza Italia", le parti de Silvio Berlusconi, pour trouver des informateurs pour la commission parlementaire "Mitrokhine" qui enquête sur les réseaux du KGB en Italie.
Limarev accepte, transmet des informations sensibles. Mais très vite, il est pris de doutes, qui culminent en février 2005. Scaramella semble jouer perso. « II cherchait des éléments pour accuser les chefs de la gauche italienne de collaboration avec le KGB », note Limarev. Le président actuel du conseil, Romano Prodi, en tête. Limarev suspend alors sa collaboration pour près d’un an, « demande un contrat écrit ». Le Clusien recommence à travailler en consultant à partir de janvier 2006.
Dans les informations qu’il transmet à cette époque figure un mémo « qui n’est pas de ma main mais de l’une de mes sources », et où est écrit noir sur blanc « qu’il y des menaces contre Scaramella et Guzzanti, à cause de Boris Berezovski et Alexandre Litvinenko». Troublant. Scaramella le fait passer à Litvinenko, qui va mourir empoisonné au polonium quelques jours plus tard. Mais Scaramella trahit aussi une deuxième fois : c’est lui qui balance à la presse le nom de la source de ce mémo, Evgueni Limarev.
Empoisonné le 3 juillet 2004 ?
Du même coup, cet homme voit sa vie "rangée" basculer. Le 17 novembre dernier, on lui vole des affaires à Rome. Quelques jours plus tard, on tente de rentrer chez lui, « de façon très professionnelle ». Mi-décembre, de nouvelles menaces lui sont adressées. À chaque fois, il dépose plainte. Les soupçons viennent autant de Russie que d’Italie, puisque «Scaramella se faisait de plus en plus pressant pour voir des documents écrits», et que Limarev ne voulait donner que des éléments oraux.
Depuis les derniers événements, Limarev estime avoir aussi «été victime d’une tentative d’empoisonnement le 3 juillet 2004, peut-être également à une substance radioactive». Cette fois, c’est clair, la provenance est russe. Est-il sous protection aujourd’hui? « On m’a dit que l’on me surveille. Les problèmes se sont un peu calmés ». Dans cette affaire, il est un témoin bien plus qu’un homme d’action. Les limiers de Scotland Yard sont d’ailleurs venus l’auditionner il y a quelque temps.
«J’en sais beaucoup plus que ce qui est écrit dans les médias ». Il prépare un livre, vraisemblablement pour la fin de l’année. Evgueni Limarev, qui refuse d’être photographié puisque l’on ne connaît pas « son visage actuel», n’aspire au fond qu’à une chose : vivre tranquille à Cluses avec sa famille. « Je veux y rester toute ma vie » dit-il avant d’appeller sa femme pour qu’elle vienne le chercher en voiture à l’hôtel. Un homme ordinaire, ou presque…
Sébastien COLSON
" Pas d’ordre écrit de Poutine"
Alors que l’enquête se termine, Evgueni Limarev estime que « celle-ci n’aboutira à rien », en dépit de forts soupçons sur des suspects. Le Kremhn n’extradera pas ses ressortissants vers la Grande-Bretagne, qui ne devrait pas insister vu les enjeux gazier et pétrolier. Plus haut, Vladimir Poutine est-il responsable de cette élimination d’opposants, notamment des personnalités du clan Berezovski, du nom de l’oligarque exilé à Londres ? « Silencieusement oui, car il a créé et tolère ce système qui aboutit à de tels assassinats. Mais si des historiens recherchent un ordre écrit de sa part, je suis à 100 % sûr qu’ils ne trouveront rien. Lui veut rester comme une figure respectable de l’histoire ».
« Au maximum, le chef des services d’espionnage ou de contre-espionnage auront été au courant », estime Limarev, qui voit la marque des "siloviki", ces groupes informels « manipulés par toutes les sortes de services secrets » et qui rassemblent politiques et businessmen haut placés. Des groupes impliqués aussi dans la mort « d’Anna Politkovskaïa » qui « servait de source occasionnelle » à Limarev…
« L’assassinat de Litvinenko a peut-être été commandité par l’un des candidats à la succession de Poutine qui passera la main en 2008 ». Dans cette transition, certains essayent de se placer, notamment ceux qui veulent « séparer la Russie et l’Europe » pour restaurer l’opposition géopolitique qui prévalait du temps de l’URSS. Une telle affaire, distendant les relations avec l’Occident, est évidemment une aubaine pour eux.
S.C.
REPERES
ALEXANDRE LITVINENK0
II meurt le 23 novembre, des suites d’un empoisonnement au Polonium 210, une substance radioactive qui s’ingurgite. Mario Scararemella, autre figure de l’histoire, est lui aussi contaminé mais sort de l’hôpital début décembre.
DANS LE COLLIMATEUR
Andrei Lougovoï, Dimitri Kovtoun ont rencontré Litvinenko le jour du fameux empoisonnement Ils sont dans le collimateur de la justice ainsi qu’un troisième homme inconnu que Limarev soupçonne plus particulièrement.
PHOTO
De bien mystérieuses personnalités sont passées par cet hôtel de Cluses, notamment l’énigmatique Mario Scaramella. Elles venaient rencontrer cet homme " sans visage " qu’est Evgueni Limarev, qui ne veut pas se faire photographier. Sécurité oblige… LeDL/GregYETCHMENIZA
Le Dauphiné Libéré page 40 Dimanche 4 février 2007, France